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Les dialogues de ce blogue sont extraits du groupe Facebook « Sans conflit » ainsi que d’autres groupes auquels je participe.
Les opinions exprimées par les participants ne reflètent pas forcément celles de ce site à l’exception de celles signées Phil (moi, l’auteur du site).

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Peut-on transformer son cerveau pour être heureux?

  • Alex : Peut-on transformer son cerveau pour être heureux presque tout le temps ?

  • Marie : Pourquoi chercher à être heureux tout le temps? Tout est impermanent, tout bouge…
    Chaque moment doit être vécu pour ce qu’il est, en conscience, les belles et les mauvaises choses :)
    Le bonheur est un ensemble de petites choses que tu apprends de toi, de ce qui t entouré etc. Enfin, ca n’engagé que moi ;)
    Apprendre à être heureux avec soi d’abord.

  • Phil : A mon avis, on peut tout à fait "transformer le cerveau" en ce sens que les communications entre les neurones se font et se défont en fonction de nos modèles de pensées et d'actions. Les nouveaux modèles créent de nouvelles communication tandis que leur abandon suppriment ces connexions.
    Mais il y a mieux. Tout porte à croire que les personnes dites réalisées fonctionnent le plus clair du temps avec l'hémisphère droit de cerveau. Laissant l'hémisphère gauche pour la résolution de problèmes pratiques nécessitant la mémoire et le raisonnement.

    Dans son livre Voyage au-delà de mon cerveau, la neuro-anatomiste Jill Bolte Taylor décrit son expérience d’AVC, une hémorragie qui a mis l’hémisphère gauche de son cerveau en panne. Muette sur son lit d’hôpital, elle se sentait habitée d’une étrange euphorie. Seul son hémisphère droit fonctionnait, la plongeant dans un état quasi mystique.
    « J’ai cessé de penser verbalement pour me contenter de simples images de l’instant présent. Je ne parvenais plus à réfléchir au passé ou à l’avenir: les cellules qui me le permettaient autrefois ne jouaient plus leur rôle. Je ne m’ancrais plus que dans l’ici et maintenant, et c’était magnifique! ». Voir Percevoir la réalité avec son cerveau droit.

J'ai du mal à mettre en place une discipline sur le long terme

  • Alex : Je me cherche un mode de vie adapté à l'apprentissage du bonheur.
    J'écoute beaucoup les conférences de Christophe André. J'aime son expertise et sa connaissance des différentes experiences et études.
    Aujourd'hui, je médite, je vais marcher, je mange correctement,….
    Mais j'ai du mal à mettre en place une discipline sur le long terme. Je vais réussir de belles semaines avec tous les éléments pour aller bien et d'autres où j'ai beaucoup plus de mal à être rigoureux.
    Comment faites vous pour arriver à tendre vers les pratiques du bonheur ?

  • Marina : Bonjour Alex, ne vous mettez pas la pression et "foutez -vous la paix" comme dit Fabrice Midal. Vous avez écouté aussi ses conférences? Je pense que vous êtes déjà sur le bon chemin pour être heureux et effectivement il y a des belles semaines et d'autres plus difficiles. C'est la vie! Moi j'accepte tout cela et pour maintenir la pratique j'apprends beaucoup avec ce groupe, je lis des livres de développement personnel et quand je peux je participe à des retraites.

  • Alex : J'ai surtout envie de me contrôler sur un mois. Pour méditer tous les jours avez vous des solutions ?

  • Gérard : Bonjour , l’ideal c est d une part de réaliser à quel point la régularité a d importance dans la pratique ... et d autre part d en faire un rituel , personnellement je règle mon réveil tous les matins 30 min plus tot que nécessaire, et du coup plus possible de dire que je n ai pas eu le temps dans la journée...

  • Alex : quels sont tes maitres ou les meditations guidées que tu suis.

  • Gérard : Christophe André , Fabrice Midal , Girodeau sur les textes de Kabat Zinn, du classique quoi.

  • Alex : J'aime quand il y a des tests scientifiques derriere. J'apprécie beaucoup C. André pour cela.

  • Gérard : sinon y a les stage de MBSR pour mettre le pied à l’étrier aussi.

  • Phil : Pour ce qui est de l’assiduité dans la pratique de ce que l’on sent être le « chemin du bonheur », elle dépend de notre motivation. Tant que notre motivation à arrêter de fonctionner de façon conflictuelle n’est pas assez forte, on retombe sans cesse dans les mauvais plis. Comment on la renforce? Évidemment, avec l’étude des enseignements et des témoignages et avec leur mise en pratique personnelle. C’est donc un cercle vertueux: 1. Notre insatisfaction existentielle nous pousse à rechercher des personnes « réalisées ». 2. Les témoignages de ces personnes nous poussent à pratiquer. 3. La pratique désencombre notre esprit; ce qui nous aide à percevoir une réalité plus sereine. 5. Cette réalité plus sereine perçue par intermittences nous motive à persévérer jusqu’à la « réalisation », c’est à dire la permanence de cette sérénité. 
    Mais chacun va à son rythme et on ne peut forcer.
    Il y a toutefois une pensée qui inspire mes efforts (le mot est ambigu car il s’agit d’effort sans effort!) c’est que les personnes « réalisées » s’accordent à dire qu’à force de ne plus accorder d’attention à nos pensées automatiques, elles finissent pas tarir. C’est ainsi que l’on voit des personnes comme Eckhart Tolle et bien d’autres qui fonctionnent le plus clair du temps sans être gênés par leur mental qu’elles n’utilisent que pour résoudre des problèmes pratiques qui demandent de faire appel à la mémoire et au raisonnement (pour retrouver où j’ai garé ma voiture, calculer mes impôts, etc.). Il ne s’agit donc pas d’une quête sans fin. Il y a un avant et un après. Les maître du zen disent qu’il y a les adeptes mi-« cuits » et ceux qui sont complètement « cuits » ! Je trouve ça très motivant.
    P.S. Il y a beaucoup à dire sur la notion paradoxale d'"effort sans effort" mais je suis sûr que vous savez tous de quoi je parle...

Quelle posture pour méditer ?

  • Anne : J’aimerais poser une question quant au fait de trouver sa posture pour méditer. Avez-vous des conseils ou des ressources à ce sujet ? J'ai un très beau coussin de méditation mais comment bien s'y asseoir ? 

  • Thierry : J'utilise une brique yoga en mousse acheté dans une grande enseigne de sport. Mon formateur à la méditation m'a donné comme conseil de mettre le dos contre un mur au début.

  • Danielle : Moi j'ai un petit tabouret qui a été fait par mon mari. J’ai essayé le coussin et je trouve que je me tiens mieux sur ce petit tabouret, en fait je suis agenouillée et ma position est plus confortable; j ai le dos bien droit en étant détendu.

  • Marina : Pour moi il n'y a pas une position précise comment positionner les genoux, les mains etc. Le plus important c'est d'essayer de maintenir le dos droit dans une position digne et de porter son attention sans jugement sur les éventuelles tensions au niveau des épaules, le dos, la nuque etc. 

  • Phil : J'ai moi aussi du mal à trouver une bonne position à cause d'un manque de souplesse et d'un mal de dos. Ce qui me réussit le mieux c'est de caler mes reins contre un mur. J'utilise parfois aussi un banc de méditation que j'ai fabriqué car ils sont assez cher dans le commerce. Ceci dit, bien que la plupart des tradition préconisent d’avoir le dos vertical, mon expérience personnelle est que la position du corps n'a aucune importance pour entrer en méditation, c'est à dire en éveil, qui est l'espace entre deux pensées.

Les sensations physiologiques qui peuvent accompagner l'éveil

  • Phil : Certains enseignants spirituels comme Adyashanti mentionnent que des sensations physiologiques peuvent accompagner le fait de vivre éveillé. Comme si le corps remaniait nos circuits internes. Personnellement, je ressens plusieurs choses: une sorte de "radiation" au niveau de la poitrine, et des fourmillements au niveau du crâne et autour des yeux ainsi que des acouphènes. Je ne suis pas certain que ce soit lié à la méditation d'ailleurs, mais cela a commencé en même temps que ma pratique. Les médecins n'ont rien détecté d'anormal. RAS sur l’IRM.
    Et vous, avez-vous des trucs comme ça ou autres ?

  • Jean : Je partage aussi ce genre de sensations. Je l'explique par une meilleure compréhension de soi-même. Je me dis que je ne savais tout simplement pas prêter attention au langage de mon corps et que ces nouvelles manifestations sont des messages... que souvent d'ailleurs je ne comprend pas (pour l'instant)

    Je ne suis pas un Eveillé, du coup mes propos sont peut-être hors sujet... je faisais référence à la pratique de la méditation.

  • Phil : Si tu pratiques la méditation depuis quelques années, tu as dû expérimenter ce qu’est l’éveil, non ? Un des principaux obstacles à l’éveil, ce sont les idées qu’on se fait à son sujet. Les gens imaginent souvent que ça va être une expérience mystique, et que ça va même nous donner des pouvoirs, des dons spirituels. Alors que ce n’est pas forcément le cas, et même très rarement. L’éveil c’est juste d’appréhender la réalité en étant simplement conscient, sans la conceptualiser, sans la commenter, sans essayer d’y changer quoi que ce soit. C’est à la portée de tout le monde, et tout le monde en fait l’expérience mais sans s’en apercevoir car cela ne correspond pas à l’idée qu’ils s’en font. La pratique de l’éveil consiste reconnaître ces instants d’éveil et de les renouveler sans cesse. Oublie la notion d’ »Eveillé », ça n’aide pas !

  • Arsène : Mais ce n'est pour autant pas un signe d'éveil (au sens bouddhistes du moins). Car éveillé, tu transcendes les concepts et ne serais pas à te poser ce genre de questions.

  • Phil : Avant d'être éveillé "à temps plein" ;-), on passe par des stades où alternent les moments d'éveil et les moments de rêverie spirituelle. En tout cas, c'est comme ça que le le vis.

  • Phil : Le fait d'appréhender le réel de plus en plus fréquemment sans passer par l'interface de l'intellect provoque à mon avis dans le corps des réajustements au niveau physiologique. Je ne les comprends pas non plus, comme toi Jean, mais ils ne me posent pas vraiment de problèmes. En tout cas, je les vis beaucoup mieux quand je les accepte pleinement.

  • Line : Merci pour votre partage, c'est intéressant. Je n'en suis qu'au tout tout début de ma pratique et j'avais été surprise par les sensations "physiques" (douleurs parfois assez violentes) qui se manifestaient, surtout lors du body scan. En fait je vois que diverses manifestations physiques ont l'air de faire partie tout au long de la pratique alors. Je suis prévenue et ne m’inquiéterai pas alors (ou moins...^^) Merci !

  • Laurent : Les réveils de sensations corporelles sont un passage dans la prise de conscience de zones corporelles inconscientes . Je pense que dans le processus de faire recirculer de la vie (de l'énergie, des sensations. .. c'est pareil pour moi ) il faut parfois se réconforter à des sensations désagréables enfouies, nier pour se protéger. Passage obligé de confrontation avant de se libérer.

La peur de lâcher prise

  • Monique : Je pratique quotidiennement depuis 10 jours environ la méditation guidée de Christophe André qui dure 30 minutes, à un moment avancé, ce dernier prononce doucement le mot "abandonne", ce mot à chaque fois me fait frémir, je sens que ce mot est très important pour moi et qu en fin de compte je ne suis pas prête à lâcher. Comment installer la confiance en moi à cet instant précis. Qu en pensez-vous ?

  • Laetitia : Peut être qu en mentalisant le mot "pardon" ou "pardonne" quelque chose lâchera a ce moment ? Quoi qu il arrive, prendre conscience de la résistance est un grand pas. Continue sur cette voie et observe sans jugement. Pour l instant la resistance est la. Observe la sans la juger et sans te juger. Un peu de l extérieur. Essaye de t emplir d un sentiment de gratitude pour ce que la meditation te fait entrevoir. Ca ira bien ne t en fait pas. 

  • Phil : La première fois que j'ai eu cet appel intérieur de "lâcher prise", j'ai été terrorisé. J’ai cru que j'allais mourir ! Littéralement ! Dans ma méditation, j’étais face à un trou noir et je sentais que je devais entrer dedans ou alors faire marche arrière. Et puis j'ai "sauté dans le vide" en faisant confiance à ceux qui étaient passé par là avant moi, et... bien sûr je ne suis pas mort :-)
    La peur n'existe que tant qu'on a peur d'elle...

Je suis en burn-out, comment méditer ?

  • Geneviève : Bonjour à tous et toutes. Je me suis inscrite sur ce site il y a plusieurs semaines déjà, mais je n'arrive pas à commencer à méditer, pourtant cela me ferait le plus grand bien : je suis en burn-out et donc en arrêt de travail. Je sais que c'est l'occasion de revoir ma qualité de vie, et que la méditation pourrait certainement m'y aider. Pouvez-vous me donner quelques conseils pour démarrer ?

  • Micka : Bonjour, ce qu'il faut se demander c'est pourquoi vous n'y arrivez pas, à passer à l'acte? Qu'est ce que vous appréhendez dans la méditation ?
    Pour une transition, et vous aider a vous diriger vers la méditation, je vous encourage à essayer la cohérence cardiaque, c'est un exercice de respiration qui offre de bons résultats. Vous trouverez un descriptif aisément sur le net.

  • Marina : Bonjour, essayez avec des courtes méditations proposées par Petit Bambou ou de Christophe André sur YouTube. Ça va peut-être vous motiver et sûrement ça va vous faire du bien.

  • Hugo : Est ce que ça t'arrive de marcher ? Pour aller de chez toi, aux transports en commun. Ou le midi lors de la pause déjeuner ? Ou tout autre moment ? Si oui, c'est une chance véritable que tu as là. Tu peux méditer en marchant :)
    La meilleure façon de commencer à méditer, c'est de se concentrer sur ton corps. Sur un mouvement répétitif de ton corps. Sur un mouvement inconscient, quelque chose qui bouge sans que tu y penses. Comme ta respiration par exemple.
    Focus sur la respiration c'est une bonne façon pour commencer à méditer. Ça ne demande aucun effort ni aucune situation particulière.
    Tu peux le faire au travail, au lit, en marchant, assise, debout, au sport, en faisant tes courses... Bref n'importe où. Pour cela, tu prends simplement conscience de toi même, à l'instant présent. Tu essaies de mettre de côté tes pensées, deux minutes. Tu ressens ta respiration et tu concentre ton attention dessus.
    Essaie simplement de te concentrer sur ta respiration. L'air qui entre dans le nez, qui en ressort. Le ventre qui bouge. Et toutes les sensations corporelles associées à la respiration.
    Tu n'as rien de plus à faire.
    Cet exercice, pratiqué régulièrement t'ouvriras la porte pour d'autres exercices.

  • Colette : Quelques mots clé: ici, maintenant, pleine présence. Tu peux commencer par les petits gestes de la vie quotidienne. Se servir son thé ou son café en étant attentive à tous tes sens: qu'est ce que j'entends? Où se posent mes mains pour faire ses petits gestes tellement répétitifs? Quelles sont les bonnes odeurs qui me titillent les narines ... Puis peut-être en t'asseyant avant la dégustation, juste sentir ta respiration comme décrit plus haut pendant quelques mouvements respiratoires et enfin te remercier du moment que tu as passé avec toi-même

  • Roxane : Suite à un Burn out, j'ai commencé par des promenades, du yoga, pilates. Se reconnecter avec son corps. Tout doucement , j'en suis venue à la méditation à l'aide de Petit Bambou et d'un groupe une fois semaine. Sois indulgente avec toi, ne te mets pas de pression, vas y à ton rythme.

  • Phil : Mon avis va peut-être prendre certains à rebrousse-poils mais comme il est un parmi une multitude d'autres, je le mets quand même. Mon expérience de la méditation (qui est petite: 3 ans seulement) a été que les débuts au lieu de m'apporter un mieux être ont plutôt apporté au contraire pas mal de désarroi. Je m'explique: on est habitué à fonctionner d'une certaine façon (insatisfaisante mais opérationnelle) et la méditation fait que l'on passe subrepticement à un autre mode de fonctionnement que l'on ne maîtrise pas du tout. Donc, pour une personne qui se trouve déjà dans un mal être, ça peut ajouter à la confusion de l'esprit et créer du découragement. Maintenant, cela tient peut-être au type de méditation que l'on pratique, car le mot méditation est un fourre-tout où l'on trouve des choses très différentes. Si c'est juste de la pensée positive, ça va, mais si c'est une voie de non-dualité (comme celle que je pratique), cela mène à une remise en question totale et c'est très décontenançant au début. Donc, ce n'est pas forcément quelque chose qu'il faut aborder avant de résoudre le burnout.

  • Gérard : Bonsoir Geneviève , de mon côté ne connaissant pas ton état , je me garderai bien du moindre conseil ... Je ne peux que te conseiller de prendre contact avec un instructeur souvent psychotherapeute qui pourra determiner si tu es prête à pratiquer la méditation de pleine conscience qui demande un certain effort , une tenue et une régularité que par moment on peut ne pas avoir la force de donner... Tu peux trouver un indtructeur proche de chez toi ici : http://www.association-mindfulness.org 

Un dispositif de rappel à l'éveil

  • Phil : Quelqu'un sait où je peux me procurer un appareil portable d'alarme récurrente que je pourrais programmer pour faire vibrer toutes les 15 minutes par exemple? C'est pour m'aider maintenir mon attention tout au long de la journée. Merci d'avance pour vos tuyaux.

  • Marina : Bonjour, je connais l'application Mindfulness Bell: tu peux programmer des alarmes en forme de dông tibétain à la fréquence que tu veux et c'est gratuit.

  • Arsène : Un simple téléphone portable ou un smartphone avec applications ? J'utilise Zen Timer.

  • Hugo : Mon conseil ne va pas te plaire mais... Le mieux est d'y parvenir par toi même. Si tu t'aides d'une "béquille" tel que celle ci, il faudra te défaire de la béquille un jour.
    Et ton processus recommencera. Pourquoi ne pas apprendre la résilience de suite ?
    Je sais que c'est dur. Je sais que nous avons des vies chargées. Commence éventuellement par te "décharger" des choses qui peuvent l'être. Des choses que tu fais par habitude et qui ne sont pas si indispensables à ton équilibre quotidien.
    Peut être qu'elle se trouve par ici ta première étape.
    Lorsque l'on éteint le bruit dans la tête grâce à la méditation, les choses deviennent plus clair.
    Dans la vie c'est un peu identique. Lorsque l'on met de côté l'inutile pour ne conserver que le nécessaire, on fait naturellement une place dans sa vie pour ce dont on a besoin.
    Le chemin est long, les découvertes nombreuses, la route sinueuse, mais on est tous fait, je pense, pour y arriver.

  • Phil : Merci pour ton conseil. "sans béquille" c'est ce que je fais déjà ! je crois qu'un rappel extérieur peux m'aider à prendre le pli et ensuite ne plus en avoir besoin.

  • Phil : Finalement, j'ai installé sur mon Androïd une appli gratuite qui s'appelle "reMind Alarm Clock". Nickel ! 

Comment faire l’expérience du "moi supérieur"

  • Phil : « Il est impératif que le chercheur soit capable de faire clairement la distinction entre son mental ordinaire (obscurci la plupart du temps par des rêveries absurdes) et un état supérieur de pure conscience libre de telles imaginations inutiles – état qui est la clef du mystère énigmatique de son véritable être.
    Entre l’aspect supérieur de l’être d’un homme et son moi ordinaire se trouve un élément mystérieux, insaisissable et extrêmement fragile : son attention. »
    - La voie de la vigilance intérieure, Salim Michaël.

  • Pierre : C’est complexe…

  • Phil : ce n'est pas très compliqué: il y a d'un côté le "moi ordinaire", envahi de pensées chaotiques, et de l'autre le "moi supérieur" qui en est dépourvu. Une fois découvert ce moi supérieur qui fait des apparition furtives, il s'agit de demeurer en lui grâce à notre attention. :-)

  • Pierre : je ne connaissais pas le moi ordinaire :)

  • Phil : Ai-je mentionné - et c'est là où ça se corse - que le moi supérieur n'est pas seulement dépourvu de pensées chaotiques, il est dépourvu de pensées tout court...? :-P

  • Pierre : j'abdique!

  • Phil : Le « moi supérieur » ou « Soi » peut être expérimenté en se posant des questions paradoxales sur lesquelles l’intellect ne trouve pas prise. Par exemple: « que suis-je lorsque je suis seulement conscient, sans interpréter la réalité, sans la commenter et sans vouloir modifier quoi que ce soit. » Les adeptes du zen se servent des petites énigmes absurdes appelées « koans », comme par exemple: « Quel est le bruit d'une seule main qui applaudit ? », « J’éteins la lumière, où va-t-elle ? », « L'arbre qui tombe dans la forêt fait-il du bruit si personne ne l'entend ? »…
    Le mental ne pouvant répondre à ces questions se tait, et c'est dans l'espace entre deux pensées que l'on expérimente le "Soi ».
    Pour les adeptes, le jeu consiste à élargir cet espace et y accéder à volonté.


Entrer en Dieu

  • Phil: Je cite souvent des enseignants de méditation tendance zen mais j'aime beaucoup aussi l'approche de ce Père jésuite belge nommé Jean van den Eynde. Voici comment il décrit ce recueillement au cœur de notre être, cette entrée en Dieu.

"Si je prends un verre et que je puise de l'eau de rivière,je verrai toutes sortes d’impuretés.
Plus je laisse le verre d'eau, plus je verrai les impuretés se déposer au fond du verre.
La prière en est de même. Petit à petit, ça va se déposer.

Il ne faut pas commencer à parler à Dieu.
Vous lui parlez de tous vos soucis. Cela ne sert à rien.
Dieu sait ce dont vous avez besoin.
Vous n'avez pas besoin de l'informer, ni lui dicter ce qu'il faut faire pour vous.
Dieu sait ce dont vous avez besoin. Mais c’est vous qui n'êtes pas à son niveau.

En entrant dans le silence de la prière, je laisse mon fardeau.
Je suis libéré de tout ce qui me pèse.
J'entre en Dieu et Dieu est là.

Je ne demande rien.
Je cherche ce qu'il me veut.
Je n'impose pas mes idées.
Je m'offre à lui !"

Sur la cause de notre malaise existentiel et ses remèdes

  • Christine: "Nous sommes douloureusement incapables de faire perdurer le contentement.

Différentes écoles au cours des siècles ont trouvé diverses explications à cette tare apparemment inhérente à l’homme.

Les taoïstes la nomment déséquilibre, les bouddhistes ignorance, l’islam blâme la détresse de l’homme dans une rébellion contre Dieu, et la tradition judéo-chrétienne attribue toutes nos souffrances au péché originel. Pour les freudiens, notre tristesse est le résultat inévitable du conflit entre nos pulsions naturelles et les exigences de la civilisation. Selon les yogis, l’incomplétude de l’homme ressort simplement d’une appréciation erronée de son identité.

Nous sommes malheureux parce que nous pensons n’être que de simples mortels, seuls avec nos craintes, nos faiblesses, nos ressentiments.

Nous croyons, à tort, que notre petit égo limité constitue à lui seul notre vraie nature.

Nous avons échoué à reconnaître notre caractère divin plus profond.

Nous ne réalisons pas que quelque part, en nous tous, il existe bel et bien un moi suprême qui est notre véritable identité, universelle et divine.

Tant que l’on n’aura pas pris conscience de cette vérité, nous serons toujours aux prises avec le désespoir.

Notion que le philosophe stoïcien Epictète a joliment exprimée dans cette apostrophe exaspérée :

« Tu portes le divin en toi, pauvre loque, et tu l’ignores. »"

J'ai lu ça dans "Aime, prie, mange", d'Elisabeth Guibert. Le livre en lui-même n'a rien d'extraordinaire, mais ce passage m'a beaucoup plu. Surtout « Tu portes le divin en toi, pauvre loque, et tu l’ignores. »


  • Pierre: Ce genre de croyance me met en joie!

Les vraies raisons de notre désespoir sont la mémoire et la conscience.
Ainsi que le refus de la réalité.
Mémoire de notre jeunesse
Conscience de notre mortalité
Refus de notre impermanence.

Notre appartenance cosmique me fait rire. J'en ai rien à cirer de l'éternité de mes atomes.
Mon moi est l'ensemble de mes atomes.

Les croyances religieuses et autres ne sont que des médicaments. Qui de plus ont comme effets secondaires de nous empêcher d'être heureux et de nous épanouir.
Les nihilistes moralisateurs empêchent l'épanouissement de notre puissance!
Etc etc...


  • Phil: Tout ce que tu dis se défend, Pierre. Il n'y a que la dernière phrase qui me chagrine. 

J'ai dû rechercher la définition du nihilisme car je ne vois pas en quoi le texte est nihiliste. Wiki: Le nihilisme est une doctrine ou attitude, fondée sur la négation de toutes valeurs, croyances ou réalités substantielles. Qu'est-ce qui te fait penser au nihilisme ?


  • Pierre: C'est une vision très personnelle.

Le nihilisme est une force destructrice.
Les morales en général veulent éteindre nos pulsions, nous éduquer, nous transformer en moutons.
Elles détruisent notre puissance interne : c'est en cela que je les qualifie de nihilistes.

En ce qui concerne le bonheur c'est un débat très complexe.
Est-ce le but d'être heureux?
L'important n'est-il pas l'acceptation de notre condition?
Ne pas vouloir changer ce qui ne dépend pas de nous.

J'aime l'idée de savoir différencier les choses qui dépendent de soi, que l'on peut si on le souhaite améliorer, des choses qui ne dépendent pas de soi qu'il faut juste savoir accepter.
Je crois que c'est ça le fameux "lâcher prise ».
Etc etc ....


  • Phil: J'aime assez ta conception du lâcher prise et je te rejoins là-dessus. 

Par contre tu parles de morales alors que le texte n'y fait aucune référence. Une conception spirituelle de la réalité n'est pas forcément moraliste. D'ailleurs on trouve des moralistes aussi chez les athées ! Ma conviction personnelle est que nous sommes et physiques et "spirituels", et que nous devons nous efforcer de vivre pleinement ces deux facettes de notre réalité.

La notion de "spirituel" ne s'appuie pour moi sur aucun dogme religieux mais plutôt sur cette constatation que lorsque "je" dis que je suis mon corps et ma personnalité, c'est une entité au-delà de mon corps et de ma personnalité qui le dit. Une entité immatérielle, inconceptuelle qu'on pourrait appeler spirituelle si les religions ne s'étaient approprié le mot.

La science même rejoint cette notion d'immatérialité puisque les atomes ne sont que des particules d'énergie en mouvement, et selon la théorie quantique, même pas des particules mais plutôt des vibrations, des ondes.

Dans ces conditions, les frontières des corps sont à peu près aussi réelles que les frontières sur une carte. Tant que nous nous croirons séparés du reste du monde, au lieu de le voir comme un tout, l'homme continuera son œuvre de destruction, et le sentiment de malaise persistera.


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